le blog de Hicham BENBRAHIM

Il n'y a que deux choses qui soient infinies: l'univers et la bêtise humaine. et encore, pour l'univers, je ne suis pas sûr. Albert Einstein.

07 avril 2009

le pain nu

le_pain_nu

Le pain nu est un roman autobiographique fascinant où l’auteur : Mohamed Choukri étale son enfance et son adolescence marquée par la misère, l’exil et la haine qu’il portait contre son père. Ce classique de la littérature marocaine a été interdit au Maroc jusqu’en 2000 à cause de la crudité des scènes à caractère sexuel qui émaillent ce récit. Ce n’est pas bon gout pour certain, mais dégage une certaine amertume de l’époque. voici quelques passages choquants..

« Quel papyrus saurait renier mon être quand je suis né de toi ?
Quand tu m’as redonné la foi quelle force pourrait faire trembler mon regard sur toi ?
Ma tête voudrait être tranchée par ta main au lieu de reposer sur un autre bras. »

« nous entrâmes dans le monde du silence eternel, c’était là qu’on avait enterré mon frère abdelkader. Quand mon père sera mort, j’irai voir sa tombe et je pisserai dessus. Sa tombe ne sera bonne que pour un dépotoir où on viendra chier et pisser. »

«… parle gosse maudit ! je sais que tu me détestes. Tu espères ma mort. (enfin il dit quelques chose de sensé.) tu aimes ta mère. Tu n’as d’amour que pour elle. »

« s’il y’avait quelqu’un dont je souhaitais la mort, c’était bien mon père.je le haïssais comme je haïssais aussi les gens qui pouvaient lui ressembler. Je ne me souviens plus combien de fois je l’ai tué en rêve. Il ne restait qu’une chose : le tuer réellement. »

Posté par hbenbrahim à 17:14 - Commentaires [3] - Permalien [#]

Commentaires sur le pain nu

    la vie "nue"

    En dépit des liens de sang, il est difficile de pardonner à autrui le mal engendré fortuitement sur soi. Il semble d’autant plus difficile que l’équité n’a jamais lieu par la suite. Il n’a y pas que les détenus d’opinion à avoir vécu les années de plomb. La torture mentale et souvent physique laissent des séquelles chez bon nombre de gens qui ne trouvent pas le courage d’affronter leurs bourreaux à cause des relations de parenté qui les inhibent. Alors les rapports se construisent sur la rancune qui demeure à jamais et avec elle pousse et grandit une haine incontrôlable. La situation est sans issue : impossible de rompre définitivement les liens ou de réparer la faute. Le coupable ne la reconnaît pas alors qu’il semble fort probable qu’un remord inavoué le ronge de l’intérieur. La victime elle, mène une vie empoisonnée, et tente de s’en sortir par les modestes moyens qui lui restent suite aux dégâts fâcheux occasionnés. Elle rumine sa vengeance et ne passe jamais à l’acte, la situation l’ayant réduite à un état de dépendance, d’esclavage.

    Posté par une larme, 03 mai 2009 à 22:38 | | Répondre
  • merci

    merci pour votre reflexion. je comprend...

    Posté par hbenbrahim, 03 mai 2009 à 23:04 | | Répondre
  • merci

    merci pour votre reflexion. je comprend...

    Posté par hbenbrahim, 03 mai 2009 à 23:04 | | Répondre
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